Investing Love and Money in Art

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Publié parthomas
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Bertille Verlaine ne travaille pas dans le bruit. Depuis vingt ans, son atelier est un lieu de silence attentif, où l’observation tient lieu d’acte politique. Ses aquarelles ne représentent pas la nature — elles la documentent, la transmettent, la protègent. C’est sans doute pour cela que son œuvre, longtemps connue uniquement des éditeurs textiles, entre aujourd’hui en galerie.

L’histoire

L’histoire commence à la fin des années 2000. Jeune diplômée des Beaux-Arts de Bordeaux, Bertille rejoint les équipes de création d’Yves Delorme — la maison française de linge de maison, dont les collections sont depuis longtemps nourries par une direction artistique attentive aux peintres et illustrateurs.

Elle y passera douze années. Ses herbiers, ses compositions florales, ses traitements délicats de la flore méditerranéenne et alsacienne nourrissent pendant plus d’une décennie les collections printanières de la marque.

« J’avais besoin de cette discipline industrielle. Créer pour un cahier des charges, pour une matière, pour un format de tissu imposé — cela m’a appris à serrer mon trait, à penser le rythme, à cadrer. Ce n’était pas de l’art pour l’art, c’était de l’art utile. Et j’ai appris à aimer cette contrainte. »

Le basculement

La rencontre avec midi-dix date du printemps 2025. Thomas Leydier, alors en préparation de sa galerie, cherche une illustratrice capable de porter l’axe botanique du catalogue. Il tombe sur une exposition confidentielle des carnets personnels de Bertille, à la Librairie Mollat. Il l’appelle le lendemain.

« Je ne savais même pas qu’une galerie pouvait représenter une illustratrice. Pour moi, une galerie, c’était pour les peintres qui exposent au mètre carré. J’ai mis un mois à dire oui. »

Dessiner une plante, c’est une forme de gratitude. C’est dire “tu existais, je t’ai vue, je te transmets”.
— Bertille Verlaine

Ce qui a fini de la convaincre, c’est la possibilité de produire des grands formats. Ses aquarelles originales, longtemps contraintes par les dimensions utilitaires du textile, pouvaient soudain atteindre le 70×100 ou le 90×120.

Une monumentalité qui, dans le geste botanique, change tout — la plante n’est plus un motif, elle devient un sujet à part entière, qui commande l’espace.

Herbier de Provence, 2025. Aquarelle sur papier coton 640 g/m², 70×100 cm. Pièce unique, présentée pour la première fois à midi-dix en avril 2026. Collection privée.

Une pratique lente

L’atelier de Bertille, rue des Faures à Bordeaux, est à l’image de son travail : lumineux, structuré, sans ostentation. Sur les tables, des carnets ouverts, des planches d’identification, des pots de pinceaux rangés par taille.

Aux murs, des aquarelles en cours, protégées par un papier cristal. Un coin de la pièce est consacré à la botanique vivante — des plantes fraîchement cueillies, posées dans l’eau, attendant leur tour.

« Je ne peins jamais de mémoire. Il faut que la plante soit là, avec sa lumière du jour, son humidité, son odeur. Une aquarelle bien faite, c’est cinq à huit heures de présence. Le fond sèche, je reprends. La feuille bouge, je recommence. C’est une conversation. »

Cette lenteur est devenue, dans l’œuvre de Bertille, un parti pris assumé. À l’heure où les illustrations naissent en trente minutes sur des tablettes, elle revendique un rapport au temps proche des sciences naturelles du XIXe siècle.

« Un herbier du temps de Redouté prenait parfois une saison entière. Je ne suis pas aussi patiente. Mais je tiens à cette tradition. »

Ce qui arrive à la galerie

Pour cette première collaboration avec midi-dix, Bertille a préparé douze œuvres originales — aquarelles sur papier coton, formats 50×70 et 70×100 — et autorisé la production de six éditions limitées à 30 exemplaires, numérotées et signées, imprimées sur papier Hahnemühle Fine Art.

Trois d’entre elles sont déjà réservées.

« Ce qui m’intéresse, chez midi-dix, c’est le soin éditorial. Thomas ne vend pas des images. Il présente des œuvres, il les contextualise, il accompagne les collectionneurs. C’est un autre métier. Et c’est le bon moment pour moi de rencontrer ce métier. »

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